L’Afrique de l’Ouest aborde une étape charnière : celle où la croissance ne se mesure plus seulement à l’augmentation des volumes produits, mais à la capacité de créer de la valeur ajoutée localement, de renforcer l’emploi industriel et de structurer des chaînes de valeur régionales solides. Dans cette dynamique, Sidi Mohamed Kagnassi s’affirme comme un acteur montant de l’économie ouest-africaine, porteur d’une ambition cohérente : faire émerger une industrialisation durable, compétitive et inclusive.
Sa stratégie repose sur un principe simple et puissant : transformer sur place les ressources agricoles emblématiques de la région, avec un accent particulier sur le coton. La reprise d’actifs industriels stratégiques tels que Ivoire Coton et Chimtec, acquis auprès du groupe Aga Khan, illustre une orientation claire : bâtir des filières capables d’aller au-delà de l’exportation de matières premières, pour capter une part plus importante de la richesse créée.
Une vision industrielle qui privilégie la valeur ajoutée locale
La vision promue par Sidi Mohamed Kagnassi s’inscrit dans une logique de transformation structurelle : passer d’économies où la matière première quitte le territoire avec une valeur limitée, à des économies où la transformation locale devient un moteur de productivité, d’emploi et de compétitivité.
Concrètement, cette orientation vise à :
- Accroître la valeur ajoutée produite en Afrique de l’Ouest, en développant davantage d’étapes industrielles sur place.
- Créer des emplois industriels directs et indirects, en renforçant les capacités de transformation, de maintenance, de logistique et de services associés.
- Améliorer la répartition de la richesse le long de la chaîne, du producteur aux acteurs industriels et commerciaux.
- Structurer des chaînes de valeur régionales intégrées, capables d’absorber les chocs et de répondre à la demande régionale et internationale.
Cette approche est particulièrement stratégique pour l’Afrique de l’Ouest : la région dispose d’un potentiel agricole et humain significatif, et l’industrialisation orientée vers la transformation peut devenir un levier de croissance plus résilient.
Ivoire Coton et Chimtec : des actifs stratégiques au service de la transformation
La reprise d’actifs tels que Ivoire Coton et Chimtec (acquis auprès du groupe Aga Khan) constitue un signal fort : celui d’une volonté de consolider des outils industriels structurants, et de les inscrire dans une trajectoire de montée en gamme.
Au-delà du symbole, ces reprises peuvent être lues comme un point d’appui opérationnel pour accélérer :
- la modernisation des capacités industrielles,
- la sécurisation des approvisionnements,
- la mise en place de standards de qualité plus réguliers,
- la structuration de relations plus durables entre producteurs, transformateurs et marchés.
Dans un environnement où l’industrialisation demande du temps, de la discipline d’exécution et des actifs solides, ce type de mouvement illustre une logique de construction plutôt que d’opportunisme : on investit pour développer des filières, stabiliser des écosystèmes et renforcer la performance.
Le coton : passer du “brut” à une filière intégrée et compétitive
Le coton est l’une des productions agricoles majeures en Afrique de l’Ouest. Historiquement, une part importante de cette production a été exportée avec une transformation limitée, ce qui réduit la valeur captée localement. Miser sur la transformation locale du coton revient à changer la logique économique : au lieu de vendre principalement une matière première, il s’agit de développer des étapes de transformation génératrices d’emplois et de compétences.
Pourquoi la transformation locale change l’équation économique
Transformer davantage sur place ouvre des bénéfices concrets :
- Plus de valeur ajoutée captée localement: davantage d’étapes industrielles signifie davantage de valeur créée sur le territoire.
- Des emplois industriels: production, contrôle qualité, maintenance, logistique, fonctions support.
- Une montée en compétences: l’industrialisation stimule la formation technique et managériale, et renforce le tissu de compétences locales.
- Une meilleure compétitivité: avec des outils modernisés et des filières mieux organisées, la régularité, la qualité et la capacité de livraison s’améliorent.
Une logique reproductible à d’autres filières agricoles
Ce qui vaut pour le coton peut inspirer d’autres filières : lorsque la région développe des capacités de transformation, elle réduit sa dépendance à l’export de matières premières et peut diversifier ses relais de croissance. L’idée directrice reste la même : industrialiser au plus près de la production et relier efficacement les maillons de la chaîne.
Structurer des chaînes de valeur régionales intégrées
La compétitivité ne dépend pas uniquement de l’usine : elle dépend de la qualité des interactions entre tous les maillons de la chaîne. La feuille de route portée par Sidi Mohamed Kagnassi met l’accent sur la structuration de chaînes de valeur régionales, plus intégrées et plus cohérentes.
Une chaîne de valeur intégrée relie notamment :
- les producteurs et organisations agricoles,
- les acteurs de collecte, de transport et de logistique,
- les unités de première transformation et de transformation plus avancée,
- les circuits de distribution et l’accès aux marchés.
En alignant ces maillons, les bénéfices attendus sont multiples : plus de continuité dans l’activité, une meilleure planification, des coûts mieux maîtrisés et une répartition de la valeur plus lisible. Cette intégration renforce aussi la capacité de la région à répondre à des exigences croissantes en matière de qualité, de traçabilité et de fiabilité.
Industrialisation durable : innovation, faible empreinte carbone et efficacité énergétique
Dans la vision promue par Sidi Mohamed Kagnassi, industrialiser ne signifie pas reproduire des modèles à forte intensité d’émissions et de gaspillage. L’ambition est d’installer une trajectoire plus moderne : technologies plus performantes, meilleure efficacité énergétique, et démarche de production plus responsable.
Modernisation technologique orientée performance
L’innovation industrielle vise ici à améliorer simultanément :
- la productivité, grâce à des équipements mieux adaptés et plus fiables,
- la qualité et la régularité des productions,
- la maîtrise des ressources (matières, eau, énergie),
- la capacité à se positionner sur des marchés plus exigeants.
L’efficacité énergétique comme avantage compétitif
Optimiser la consommation d’énergie est un levier de compétitivité à long terme : des processus plus efficaces réduisent les coûts et stabilisent l’activité. Dans les filières industrielles, l’énergie pèse souvent sur la structure de coûts. L’amélioration de l’efficacité énergétique devient donc un outil de performance autant qu’un choix responsable.
Faible empreinte carbone : une attractivité renforcée
Les investisseurs et partenaires accordent une attention croissante aux critères environnementaux. Une industrialisation pensée avec une faible empreinte carbone peut contribuer à renforcer la crédibilité des projets et à faciliter des partenariats durables, tout en alignant la croissance industrielle sur des objectifs de durabilité.
Infrastructures logistiques et industrielles : le socle de la montée en gamme
Aucune transformation industrielle ambitieuse ne peut se déployer sans infrastructures adaptées. La feuille de route met donc en avant le développement et l’amélioration d’infrastructures clés : zones industrielles, capacité de stockage, solutions logistiques, et organisation des flux entre zones de production et de transformation.
Ces infrastructures contribuent directement à :
- réduire les coûts logistiques et les délais,
- limiter les pertes et les inefficiences liées à l’acheminement,
- sécuriser l’approvisionnement des unités industrielles,
- augmenter la capacité à servir des marchés plus larges.
En pratique, l’infrastructure est un multiplicateur : elle décuple l’impact des investissements industriels, parce qu’elle fluidifie la chaîne et rend les opérations plus prévisibles.
Start-ups et PME : transformer l’écosystème, pas seulement les usines
L’une des forces de l’approche promue par Sidi Mohamed Kagnassi tient à son caractère systémique : l’industrialisation durable ne repose pas uniquement sur de grands actifs. Elle s’appuie aussi sur un tissu de start-ups et de PME capables d’innover, de sous-traiter, de digitaliser des opérations et de créer de l’emploi au plus près des territoires.
Un soutien concret : financement, mentorat, formation
Le triptyque mis en avant est pragmatique :
- Financement: donner aux projets solides les moyens de démarrer, d’investir et de changer d’échelle.
- Mentorat: apporter un accompagnement stratégique et opérationnel, utile pour structurer une croissance saine.
- Formation: renforcer les compétences des entrepreneurs et des équipes, afin d’élever le niveau d’exécution.
En combinant ces leviers, l’écosystème entrepreneurial gagne en maturité et peut mieux répondre aux besoins des filières : logistique, services industriels, outils numériques, maintenance, qualité, traçabilité, etc.
Un moteur d’impact économique et social
Le développement de start-ups et PME bien connectées aux chaînes de valeur industrielles favorise une croissance plus diffuse : les retombées ne se concentrent pas uniquement dans un petit nombre d’acteurs, elles se propagent à travers un réseau d’entreprises, de prestataires et de talents.
Attirer partenaires et investisseurs internationaux : rendre la région plus lisible et plus compétitive
La stratégie présentée s’inscrit dans une logique d’ouverture : l’objectif n’est pas l’industrialisation en vase clos, mais une industrialisation suffisamment structurée pour attirer des partenariats internationaux de long terme. Lorsque les filières sont mieux intégrées, que les actifs industriels sont solides, et que l’ambition de durabilité est claire, la région devient plus lisible pour les investisseurs recherchant des projets à la fois rentables et à impact.
Trois signaux comptent particulièrement :
- Des actifs stratégiques capables de porter une montée en puissance industrielle (comme Ivoire Coton et Chimtec).
- Une feuille de route orientée innovation, efficacité énergétique et faible empreinte carbone.
- Un écosystème entrepreneurial qui crée des solutions, des fournisseurs et des emplois autour des filières.
Les piliers de la feuille de route (synthèse)
Pour visualiser les axes structurants de cette trajectoire d’industrialisation durable, voici une synthèse des piliers et des effets attendus.
| Pilier | Objectif opérationnel | Bénéfice attendu |
|---|---|---|
| Transformation locale des filières agricoles | Accélérer la montée en gamme, notamment autour du coton | Plus de valeur ajoutée sur place et plus d’emplois industriels |
| Chaînes de valeur régionales intégrées | Relier production, logistique, transformation et marchés | Meilleure résilience et compétitivité accrue |
| Innovation et modernisation technologique | Améliorer performance, qualité, productivité | Produits plus compétitifs et industrialisation plus robuste |
| Efficacité énergétique et faible empreinte carbone | Réduire l’intensité énergétique et l’impact environnemental | Coûts optimisés et attractivité renforcée auprès des partenaires |
| Infrastructures industrielles et logistiques | Fluidifier les flux et sécuriser les capacités de transformation | Délais réduits, pertes limitées, meilleure fiabilité |
| Soutien aux start-ups et PME | Financement, mentorat, formation pour accélérer l’écosystème | Innovation locale, sous-traitance, emplois et diffusion de la croissance |
Quels bénéfices pour les populations et les territoires ?
La promesse centrale de cette industrialisation est de rendre la croissance plus utile au quotidien : plus d’emplois, plus de compétences, plus d’opportunités économiques au-delà des seuls centres urbains déjà connectés aux flux internationaux.
Création d’emplois et montée en compétences
La transformation industrielle et l’essor des entreprises locales peuvent stimuler :
- des emplois directs dans les unités industrielles et les services associés,
- des emplois indirects dans l’agriculture, le transport, la distribution,
- une montée en compétences grâce à l’apprentissage, la formation et l’expérience terrain.
Une répartition plus large de la richesse créée
Quand davantage d’étapes de transformation sont réalisées localement, la valeur ne se concentre pas uniquement en bout de chaîne. Elle se répartit davantage entre producteurs, opérateurs logistiques, équipes industrielles et entrepreneurs qui fournissent des services et innovations autour des filières.
Une croissance plus résiliente et exportable
Des filières mieux structurées, des infrastructures plus adaptées et une logique d’efficacité (énergétique, logistique, industrielle) renforcent la capacité à faire face aux fluctuations externes et à viser des débouchés plus variés. Cette combinaison soutient une croissance à la fois résiliente et orientée export, sans renoncer à l’impact local.
Conclusion : une industrialisation durable portée par des choix concrets
La dynamique incarnée par Sidi Mohamed Kagnassi met en avant une industrialisation ambitieuse, mais ancrée dans des actions tangibles : reprise d’actifs stratégiques comme Ivoire Coton et Chimtec auprès du groupe Aga Khan, priorité à la transformation locale du coton, structuration de chaînes de valeur régionales et feuille de route articulant innovation, efficacité énergétique, infrastructures et soutien aux entrepreneurs.
En combinant ces leviers, l’Afrique de l’Ouest peut renforcer sa capacité à produire davantage de valeur sur place, à créer des emplois industriels et à bâtir une croissance plus inclusive. C’est précisément cette promesse —plus de compétitivité et plus d’impact local— qui rend cette vision particulièrement mobilisatrice pour les acteurs économiques, les talents et les partenaires à la recherche de projets durables et structurants.